Le nombre douze est la base d'un système numérique (probablement originaire de Mésopotamie) qui prévalait le système décimal ou était en concurrence avec lui. En France, c'est à l'époque de la Révolution que, dans un souci global de rationalisation, le système duodécimal (basé sur la douzaine) est abandonné au profit du système décimal (basé sur la dizaine).

Ce nombre répartit le temps et l'espace en représentant l'Univers : quatre directions (points cardinaux) et trois périodes (avant-pendant-après) ; trois mondes (en dessous, là, au-dessus) et quatre temps (enfant - adolescent - adulte - vieillard) ou les saisons, etc.

Si sept (quatre plus trois) est le cycle créatif, douze (quatre fois trois) est le devenir du cycle sur le plan dynamique, son accomplissement total.

Pour mettre plus clairement en évidence les liens entre le 3, le 4, le 7 et 12, il suffit de regarder simplement notre calendrier. Celui-ci est composé de 12 mois, de 4 saisons de 3 mois chacune. Il y a environ 4 semaines par mois et une semaine dure 7 jours.

Le douze c’est 3 x 4 ; comme le sept (3+4), il marque un cycle, il associe comme le sept, le quatre terrestre au ternaire spirituel mais cette union n'est plus statique ; son dynamisme lui permet de régir l'espace et le temps et de faire avancer la connaissance de l'Univers : douze va à la quête de la parole perdue, et pour le chiisme, la recherche de l’Imâm caché, gardien du sens vrai du Saint Coran.

Le douze est le fruit de la multiplication de 3 par 4. On sait que la multiplication est le symbole de la plus haute intégration possible entre deux termes. Le douze symbolise la fusion de l'esprit - 3 - dans la matière - 4 -. Dans le langage chrétien, il s'agit de la venue du règne de dieu sur la terre. Pour les alchimistes, il s'agit de la Grande opération, c'est-à-dire de la révélation de l'esprit divin de la matière. Contrairement au 7, le douze ne porte pas d'ambivalence en lui. Il est toujours synonyme de réalisation et d'achèvement.

Alors que le 10 symbolise la fin d'un cycle qui se renouvelle naturellement, le 12 marque la fin définitive d'un cycle qui ne se renouvelle pas. Avec ce chiffre le renouveau ne peut arriver qu'au prix de grands efforts ou de bouleversements.

Cette notion de complétude se retrouve entre autre dans les douze apôtres, les douze tribus d'Israël, et les douze Imâms(as) mais aussi dans les signes du zodiaque (avec 7 planètes traditionnelles), dans les douze notes de musique chinoise, les douze travaux d’Hercule et dans les douze viscères de l'acuponcture. Dans tous ces exemples, il y a la notion d'ensemble parfait.

Terminons par l’exemple de la Jérusalem céleste -symbole de cité parfaite- référencé dans la Bible (Apocalypse 21:21) par : "Les douze portes étaient douze perles ; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent." sans oublier la femme à la couronne aux douze étoiles décrite dans l’apocalypse 12.

 

Le frère Hussein

 

Le chiffre douze